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« Hors champs », une cour d’école transformée

Dans le cadre du volet architecture de Fabric’Arts, quatre classes du groupe scolaire René Cassin ont participé au renouveau de leur cour d’école de janvier à mai 2018. Un projet pédagogique et participatif conduit avec les élèves et leurs enseignants qui se traduit par le réaménagement de la cour de l’école pour améliorer le cadre de vie quotidien et la réalisation d’une fiction autour de ce site.

Ils étaient tous réunis le 1er juin dernier dans la cour de l’école Cassin, enfants, parents, proches, pour venir découvrir ou redécouvrir le travail des enfants dans leur cour d’école ainsi que le film qui a été réalisé à cette occasion.
« HORS CHAMPS » est une action conduite dans le cadre de Fabric’Arts. Elle se concrétise par :
– une cour transformée, de la verdure, du bois, des arbres fruitiers, des structures-parcours en bois…
– une fiction imaginée, écrite, tournée, sonorisée, montée par les enfants.
En liant architecture, paysage et vidéo, le projet a pour but d’interroger les élèves sur leur cadre de vie à l’école et particulièrement la cour. L’enjeu est d’observer, analyser, concevoir et intervenir sur ce site en le considérant comme un espace public, un espace de vie. Le fil conducteur «HORS CHAMPS» permet de prendre en compte tout ce que l’on ne voit pas directement (notamment les sons).

Une transformation
4 classes ont participé au projet, 3 sur l’aménagement de la cour (CP-CE1 Mme Vincent, CE2-CM1 M. Gilbert, CE2 Mme Bourdeaux) et 1 sur la réalisation du film autour du projet (CM2 Mme Ninet).
Après une phase d’appropriation des ambiances dans la ville et d’analyse de la cour de l’école, chaque classe a imaginé un projet de cour en respectant les contraintes techniques.
Les intervenants ont fait une synthèse des idées proposées par les élèves et, après validation des services de la ville, le projet a vu sa réalisation en grandeur nature avec les élèves, l’accompagnement des enseignants et parents bénévoles.
Le projet est composé d’une forêt labyrinthe, d’un banc-parcours, d’un potager avec fruitiers, d’un espace souches-parcours… De nombreux éléments pour profiter pleinement des temps de récréation et autres moments de vie d’école.

Extraits des interventions qui ont eu lieu lors de la restitution le 1er juin dernier
Jérémy Huet, « etpuisquoiencore »

« Notre collectif conduit un travail avec le CAUE depuis plusieurs années. Notre parcours, dans ce projet, re-questionne la place des écoles dans la ville et plus particulièrement celle des cours qui sont des espaces fermés. Souvent transformés au fil des interventions en parking de supermarchés car on a enlevé des bordures, des espaces…
Notre premier temps avec les enfants a été de sortir de l’école, de voir l’extérieur, comment est organisée la ville. Comprendre dans quel territoire on se trouve. Quels en sont les différents usages.
Le deuxième temps a été consacré à l’observation de la cour. Comment elle est utilisée, à quels moments elle est éclairée, ensoleillée. L’idée générale était de travailler la limite entre le bas et le haute de la cour.
La troisième phase a été consacrée à la conception. Les élèves ont dessiné puis réalisé des maquettes. Chaque classe, répartie en quatre ou cinq groupes, a produit des projets et effectué à la fin un choix. Et au final, le collectif a fait une synthèse des différentes maquettes. »

Florence Ninet, enseignante, classe de CM1/CM2 qui a travaillé sur la fiction avec « Label vie d’Ange »
« Cette expérience a constitué un vrai projet pour notre classe et créé une vraie entente entre les enfants. Une alchimie est née, c’est vraiment un bonheur quand cela se passe ainsi. Et les enfants ont beaucoup appris, à être autonomes dans un groupe… »

Les enfants qui ont créé la fiction 
« On a appris à être directeur de plateau, acteur, à faire le son, à se taire quand la caméra tourne, à manipuler le matériel. On a découvert les objets du cinéma, on a vu qu’il y avait plusieurs rôles. Et le film est génial et on espère qu’il vous plaira ! »

Un projet partagé…
… et mis en œuvre par Fabric’Arts, le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement), la ville de Faverges-Seythenex et l’Education nationale, avec le collectif d’architectes et paysagistes «Etpuisquoiencore» (Charlotte Delalex, Melanie Borga-Jacquier, Jeremy Huet) et l’association «Label vie d’Ange» (Florent Labre, Fabrice Ravier).

Financement
– 24 700 € : action culturelle co-financée par le CAUE (14 700 €) et Fabric’Arts (10 000 €)
– 40 000 € : coût des travaux pris en charge par la ville de Faverges-Seythenex.

Quelques chiffres
– 4 classes / 63 « ouvriers » de moins de 12 ans
– 1 bonne dizaine de bénévoles / 37 acteurs de moins de 12 ans
– 3 jours de repérage-diagnostic / 1225 sons enregistrés
– 3 jours de conception / 300 végétaux
– 5 jours de tournage / 50 m3 de plaquettes de bois
– 6 jours de chantier / 4 caméras
– 2 tonnes de mélèze / 400 m2 d’enrobé décrouté
– 124,37 Go d’image dans le disque dur / 4000 vis
– 8 pages de scénario dialogué / 100 m3 de terre végétale.

Un grand bravo à toutes les personnes impliquées dans ces belles réalisations : les élèves, les enseignants, les représentants de l’Education nationale, les parents, le CAUE, le collectif « Etpuisquoiencore », l’association « Label vie d’Ange », les services de la ville de Faverges-Seythenex, les figurants qui ont participé à la création de la fiction !

De gauche à droite, de bas en haut, Mélanie Borga-Jacquier et Jérémy Huet (« etpuisquoiencore »), Christine Bonnafous (conseillère pédagogique Education nationale), Florent Labre et Fabrice Ravier (« Label vie d’Ange »), Charlotte Delalex (« etpuisquoiencore »), Agnès Millet (conseillère pédagogie et culture CAUE 74),  Stéphanie Vincent, Sandrine Bourdeaux, Florence Ninet (enseignantes), Séverine Bouvier (parents d’élèves), Philippe Rousseaux (directeur du groupe scolaire René Cassin), Séverine Lanz (chargée de mission arts et culture
Education nationale).